
Daniel Benoit joue tous les mercredi en compagnie de son ami Patrick Teiho au Café des négociants, de 19 h à 23 h.
Les deux musiciens proposent pour le moment des reprises, à la guitare acoustique.
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Depuis deux semaines, le Café des négociant invite chaque mercredi Daniel Benoit à venir gratter pendant quelques heures. « Généralement on joue de 19 h à 23 h, souligne le musicien. C'est selon le temps et le monde. Mais les gens commencent à prendre note de ce rendez-vous hebdomadaire. Ce n'est qu'un début ».
Il n'est pas seul sur scène mais vient accompagné de Patrick Teiho, son ami de longue date. « On a commencé la guitare ensemble ! C'est dire si on se connaît donc bien. C'est d'ailleurs pour cela que je lui ai demandé de venir jouer avec moi. La guitare acoustique, sèche, ce n'est pas la même chose que la guitare électrique. Quand on fait un duo, les deux musiciens doivent avoir beaucoup de complicité. C'est pourquoi on ne peut pas jouer avec tout le monde. » Complices, les deux compères le sont. Cela se voit et se ressent. La mélodie est fluide, précise, parfaite et surtout très vivante.
Pourtant l'exercice de style est dur, mais les deux guitaristes sont fort doués. Leurs doigts glissent sur les cordes avec une telle dextérité que l'on « croirait que c'est facile ». « Justement, c'est pour cela que ce sont de bons musiciens, explique un amateur averti. Moins on a l'impression que la musique demande des efforts, meilleurs sont les artistes ».
Des reprises
Le temps d'une soirée, ils revisitent de vieilles chansons polynésiennes, remettent au goût du jour les tubes des Beatles et surfent sur la vague du jazz. « Pour le moment, on fait seulement des reprises, car cela fait bien longtemps que nous n'avons pas joué ensemble. Mais on verra comment on évolue.» Le programme est donc éclectique, simple et sympathique, avec une pointe d'originalité. Les deux musiciens n'hésitent pas, en effet, à pimenter les morceaux d'interprétation personnelle. De quoi passer une bonne soirée. « Dans la musique, il faut être libre, c'est ce qu'il y a de plus important pour moi. Quand c'est trop rigide, carré, structuré, je ne trouve pas cela intéressant ».
Daniel Benoit vient, en fait, tout juste de troquer sa guitare électrique contre la guitare sèche. « Je jouais depuis longtemps de l'électrique avec mon orchestre, il y avait notamment un bassiste et batteur. Mais ce n'est pas possible au Café des négociants. Alors je me suis remis à la guitare sèche, d'ailleurs - est-ce un hasard ? – je venais justement de m'en acheter une ».
Daniel vit de sa musique depuis toujours. « En fait, j'essaie », précise-t-il. Ce n'est pas facile. Ici le marché est assez restreint. Bien sûr, il est allé faire quelques voyages à l'étranger, a tenté sa chance en métropole, a joué dans différents groupes et participé à l'enregistrement de divers albums… « Mais les marché sont saturés ». Discret, l'homme parle peu de lui-même. Il murmure cependant un de ses plus grands regrets, celui de ne pas avoir enregistré de disques avec « sa musique, celle qu'il aime », avec laquelle il se sent libre et fait voyager les mélomanes. « Il n'y aurait pas assez de demandes, de ventes m'a-t-on dit. ». Dommage. Mais ce rêve deviendra peut-être, un jour, réalité.
A-t-il, alors, songé à arrêter ? « Non, ce n'est pas possible. Soit je vis pour la musique, soit je n'en fais plus. C'est tout ou rien. En fait, j'ai essayé de travailler ailleurs, dans une société, pour mieux subvenir aux besoins de ma famille. Cela a été la catastrophe. On a alors moins de temps pour s'entraîner… et de fil en aiguille on ne joue quasiment plus. » La musique, on l'a bien compris, c'est toute sa vie.
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